Entrepreneur, avez-vous choisi le bon statut ?

Publié par Invité du Blog, le 11 mars 2016

Pierre Aulagne partage son expérience personnelle d’entrepreneur. NB : Cet article aborde de manière générale les divers statuts que Pierre à pu être amené à utiliser, il ne prend pas en compte le statut spécifique des mandataires. Il appartient à chacun de choisir : Agent commercial, portage salarial… il existe également d’autres montages renseignez-vous auprès des personnes habilitées et compétentes.

Pierre : Actuellement président de S.A.S., je suis passé par les cases de la SARL (gérant) et de l’EIRL (dirigeant) et je connais bien le statut d’auto entrepreneur. Je vais essayer de vous donner une vision détaillée des atouts et faiblesses de chacun de ces statuts juridiques du dirigeant d’entreprise.
Et surtout pour chaque statut dans quels cas il me semble le plus pertinent !

L’auto-entrepreneur :

Statut simple, rapide de mise en œuvre et qui vous dispense de la compta (il suffit de déclarer son chiffre d’affaires, c’est-à-dire les montants encaissés chaque trimestre). Ces avantages ne sont pas les seuls de ce statut particulièrement intéressant.

Pas de TVA : si vos clients sont des particuliers, ceux-ci ne récupèrent pas la TVA sur leurs achats. Le statut d’Auto-Entrepreneur vous permet de ne pas facturer de TVA, ce qui vous donne un avantage sur le prix de vente TTC de 20% (montant de la TVA) versus vos concurrents. Bon à prendre !

La comptabilité, c’est chronophage et/ou coûteux. Un bon expert-comptable vous reviendra selon les statuts choisis entre 100 et 200 € HT par mois. Là encore un atout pour l’A.E.

Enfin, pour tester un concept, pour se lancer, on devrait passer toute son énergie à l’acquisition de clients et à la définition de son offre, pas à la gestion ou à l’optimisation !

Donc, pour faire court, l’auto entreprise semble parfaite pour démarrer, quitte à changer en année 2 ou avant si nécessaire, une fois le business sur les rails. Plafonné à 32 K€ par an de chiffre d’affaires, ce statut vous limite mais vous permet (si vous avez des charges réduites) de gagner environ 2000 € nets par mois pour un chiffre d’affaires de 2600 € mensuels. Idéal pour services à la personne à domicile ou pour (par ex) rédaction d’articles depuis son domicile, ou complément de revenus.

EIRL / EI (entreprise individuelle (à responsabilité limitée ou non) :

Semblable en grande partie à l’EI (entreprise individuelle), l’EIRL (entreprise individuelle à responsabilité limitée) ajoute deux atouts forts :

limitation de la responsabilité : le patrimoine est protégé (si votre entreprise est endettée, on ne viendra pas saisir vos biens sauf si fraude avérée).
plus intéressant encore : possibilité d’opter pour l’impôt sociétés ou l’impôt sur le revenu. En fonction de la composition du ménage et de ses revenus globaux, l’impôt sur les sociétés peut être beaucoup (mais beaucoup) plus avantageux que l’IRPP.

Dans la structure EI ou EIRL, contrairement à l’auto entreprise, on déclare ses recettes et ses dépenses et on paie des charges sociales au RSI. Si ces trois lettres ne vous disent rien, jetez un œil sur Google avant de créer une EI/ EIRL…

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La SARL (ou l’EURL) : société à responsabilité limitée :

Contrairement aux statuts précédents, la SARL (société à responsabilité limitée) et l’EURL (sa variante unipersonnelle) sont des entités distinctes de leur créateur, ce qu’on appelle des « personnes morales ». Leur existence est réglée par des statuts écrits très importants, une sorte de charte, qui explique ce que fait l’entreprise, qui elle est, etc.

Contrairement aux précédentes aussi, la société permet de s’associer (SARL) ou de rester seul (EURL).

Elle exige un peu plus de formalisme comptable que les précédentes structures (assemblée générale notamment) mais rien d’insurmontable.
Elle fonctionne sur le même principe que l’EI-EIRL de charges sociales au RSI payées sur les bénéfices.
Elle autorise le versement de dividendes aux associés mais depuis quelques années, ceux-ci sont soumis à charges, ce qui les rend peu attractifs sur le plan « optimiser le net dans la poche ».

La SAS (ou SASU) : société anonyme simplifiée :

Personne morale, la SAS ressemble à la SARL (et la SASU à l’EURL) mais diffère sur trois points qui en font un statut de premier choix pour qui veut pérenniser une activité professionnelle et la faire grandir :

1- les statuts sont très libres et permettent un niveau de contrôle et de sécurité (via le pacte d’actionnaires) sur le devenir des actions, l’entrée et la sortie des actionnaires, etc. De fait, ce statut est celui à privilégier si on compte grandir en faisant rentrer des actionnaires investisseurs ou des nouveaux talents.
2- le dirigeant est assimilé salarié, donc affilié à la sécurité sociale (et non au RSI). Les charges sont un peu plus élevées mais ne pèsent que sur le salaire (pas sur les dividendes). Le dirigeant de SAS (SASU) n’a pas de cotisation (et donc pas de droit) au chomage, sauf s’il est minoritaire en actions car dans ce cas il est considéré comme dépendant de la SAS et non maître de son emploi.
3- les dividendes sont un moyen de compléter le revenu du dirigeant en supportant des charges très réduites (mais sans cotiser à la retraite-maladie). Attention aux abus (du genre je ne me paye qu’en dividendes ou presque) qui sont requalifiables en salaire !

Conclusion :

Il n’existe pas de statut « idéal » mais à mon sens un statut qui aujourd’hui me semble moins facile à piloter ou moins pertinent : celui de SARL ou EURL, particulièrement depuis la simplification de la SAS.

Ma préconisation dans le cas général est de tester votre concept en vous basant sur le plus simple :

– je suis seul : auto entreprise le temps de valider la viabilité du concept et de dépasser le seuil.
– je veux m’associer dès le début, projet plus ambitieux ou projet déjà testé… : SAS

Attention aussi à une différence majeure : l’auto entreprise ne déclare pas ses frais professionnels (ils ne sont donc pas déductibles) alors que les autres statuts juridiques le permettent. A vous les restaurants avec vos clients, les cadeaux d’entreprise (chèques cadeaux pour les apporteurs d’affaires, etc), les équipements du bureau déductibles, et les frais kilométriques.

Pierre AulagneArticle rédgé par : Pierre Aulagne pour la rubrique « INVITÉS » du Blog : mandataire-immo

Pierre Aulagne : Dirigeant de la startup IZIKA.COM, première solution de calcul automatique des frais kilométriques à partir de l’agenda Google. Formateur photo et mise en valeur d’un bien chez Capifrance. Intervenant et conférencier en marketing stratégique.

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2 commentaires

  • VALERIE dit :

    Bonjour J’ai une petite question par rapport à tout ce que vous avez écrit et qui est très intéressant. En effet la « Le mandataire en immobilier aimerait pouvoir exploiter son activité en société, ce que la Loi de 91 autorise pour la plus part des agents commerciaux, en revanche dans le cadre de l’immobilier cette solution ne lui est pas permise, sauf à pouvoir détenir la carte de transaction » Dons sauf à avoir la carte T il n’y a que les stauts EI et EIRL possibles
    Est-ce que je me trompe ?
    Merci
    Bonne journée

    • Dominique P. dit :

      Bonjour Valérie, l’unique statut autorisé est celui d’agent-commercial en EI, concernant l’EIRL j’avoue ne pas avoir les compétences nécessaires pour vous répondre, ce statut étant récent, le mieux est de vous rapprocher du tribunal compétent. Cordialement.

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